On a tendance à voir la partie émergée de l’iceberg : les artistes qui montent souvent sur scène, prennent le micro et la lumière. Mais il y en a aussi qui passent des heures en studio, devant le clavier ou l’ordi, et qui créent des tas de mélodies. Depuis plus de 20 ans, Exodus se promène dans la musique. Compositeur, beatmaker, arrangeur, auteur, il a multiplié les projets et les collaborations en s’intéressant à des univers variés. Du rap, de l’électro, du mix, des arrangements pour des compagnies de danse… avec lui, le son a toujours du sens !
La création n’était pas une option 🎹
Coordinateur de maintenance le jour, musicien dès qu’il en a le temps : c’est la double vie qu’a choisi Exodus. Enfin, choisi… pas vraiment : c’est presque la musique qui l’a choisi tant ça s’est fait naturellement.
Avec la découverte du rap et de l’écriture vers les 8-10 ans, puis des logiciels de beatmaking comme Fruity Loops vers 11-12 ans, on peut dire qu’il n’a pas perdu de temps. À l’époque déjà, il déterre des tonnes de samples, en s’intéressant à de nombreux styles : du rock psychédélique, du rock fusion, du rock anglais, gallois, des musiques des années 70… Il écoute, coupe, monte, encore et encore.
« J’ai vraiment navigué sur tous les styles. Depuis mes 11-12 ans, j’ai fait du son, j’ai fait du son, j’ai fait du son… En commençant par le sample, et en me mettant peu à peu à la composition, avec des gammes simples, à l’oreille, en apprenant moi-même. L’écriture, la musique, les arrangements, j’ai appris en solo. »
Depuis, il ne s’est pas arrêté. C’est en arrivant à Lyon pour les études qu’il commence à partager et à proposer ses beats. Ce qui le mène à des rencontres – notamment à celle de Grems et aux équipes de Jarring Effects, parmi tant d’autres – et à des projets de plus en plus sérieux. Il se met alors à enchaîner les créations et les collaborations, avec des gens sur Biarritz, Paris, Lyon, Marseille…
Bref, il navigue dans son parcours musical en bossant dans son studio avec ses enceintes, son clavier, son synthé, son ordi et ses logiciels. Sans oublier la famille qui le porte. Et dès qu’il le peut, dès qu’il a quelques minutes devant lui, il « fournit du propos. C’est le seul but. Dès que tu as un truc à dire, il faut le balancer. »
Au fil du temps, son activité s’est diversifiée. En plus du beatmaking, Exodus a commencé à mixer, à produire des sons pour des chorégraphes et à faire du sound design. Tout ce qui touche au son, c’est son truc.
« Avec mon métier dans le privé et la musique, j’ai un pied entre les deux, entre la réalité et ce semi rêve que je vis. Je peux toucher le réel, l’imaginaire, et mettre la chimie dans les deux. »
S’écouter pour proposer des belles choses à écouter 🎵
Exodus fait partie de ces créateurs qui ont une approche assez instinctive, qui se laissent guider par leurs envies et leurs idées. Inspiré par des artistes comme Madlib ou J Dilla, il veut rester fidèle à ses intuitions : « La perception qu’ils ont du son, elle est très naturelle ! Sans forcer, ils développent une gamme musicale très singulière par rapport à d’autres. »
Son processus de création, c’est de conserver cette liberté. De se poser pour faire du son dès qu’il le peut, dès qu’il en a envie, sans tout calculer en avance. Juste créer, essayer, tester, et en garder le meilleur.
« Dès que j’ai du temps, je fais du son. C’est un peu une pulsion. Parfois, j’ai une demi-heure devant moi, j’ouvre l’ordi et je fais un son. N’importe où, je peux enregistrer une gamme en vocal, puis en faire un son avec le piano le soir. Parfois, je shazame une musique et je la sample le soir. »
Difficile de définir son univers musical : Exodus est un “touche à tout”. Il a évolué au fil des années… et continuera à évoluer. C’est aussi ce qu’il aime : écouter des choses variées, s’intéresser, chercher, et y ajouter sa patte pour en faire des nouveautés. « Je peux écouter un son de funk, un son house, un son soul, un son r&b, puis de la chanson française… Ça va loin ! J’aime écouter plein de choses, et essayer de comprendre l’artiste et sa manière de fonctionner. »
Sa curiosité et sa productivité lui ont permis de proposer des tas de sons, et de participer à de nombreux projets. Citer tous ses projets marquants serait impossible ! Mais parmi eux, on pourrait parler du son Touaregs, présent sur l’album Aucun potentiel commercial de Lucio Bukowski, édité et arrangé au studio Polycarpe.
Plus récemment, l’album Stylebender avec MVL (projet qu’il a mixé, arrangé et masterisé) est le fruit d’une belle collaboration franco-malaisienne. Oui, rien que ça !
« Je fais mon truc, je me balade. En fait, je vois les choses comme des portes. Je ne sais pas ce qu’il y a derrière, mais dès que j’ouvre une porte, il y a des choses intéressantes à faire. Tant que je peux ouvrir des portes et faire un truc, je suis preneur. »
Une faim de créer sans fin 🔥
Exodus, c’est un peu une machine à lui tout seul : il crée des sons par centaines, et en sort des dizaines. Même depuis qu’il est papa, rien n’a changé : « Tant que tu arrives à l’expliquer et à t’organiser, il n’y a pas de souci. Tu as des hauts et des bas parce que c’est la vie, c’est normal, mais ça fait 11 ans et ça se passe très bien ! En plus, si je peux laisser à mon fils quelque chose de culturel… »
Aujourd’hui, il a plus de 1000 sons dans son ordi, et environ 1200 dans un autre disque dur. Détaché et spontané, il est du genre à produire des sons en 30 minutes, à les enchaîner et à en faire un maximum pour, ensuite, n’en garder que le meilleur.
Parce qu’il a appris comme ça, avec des gens qui ne se prennent pas la tête, qui produisent dès qu’ils se sentent inspirés, et parce qu’en 20 ans, il a pu développer certaines habitudes pour aller à l’essentiel.
« J’ai été formé comme ça. Avec des gars qui font des sons en 5 minutes, sans se prendre la tête. Ils trouvent une ritournelle, écrivent, et en font un album. […] Je peux par exemple créer un catalogue de 10 sons sur 3 semaines, et en retenir un seul : le meilleur, le plus instinctif, le plus écoutable. C’est comme ça que j’arrive à pondre un exemplaire sonore qui peut être entendu et reconnu. »
En plus de cette hyper productivité, et de mixer de temps en temps, Exodus collabore de plus en plus avec des chorégraphes et des compagnies de danse, parmi lesquels la compagnie Kadia Faraux. Un job important auquel on ne pense pas forcément quand on va voir un spectacle ! « Le chorégraphe a un tableau scénique défini, avec des sons témoins. Il peut ensuite faire des tests avec mes sons et les intégrer. Ensuite, je retravaille le son et le réarrange en fonction de la scénographie finale, de la chorégraphie. »
En 2025, deux projets devraient voir le jour : un album de rap drumless en solo, et un album en collaboration avec un artiste bien connu de Perpignan. Deux nouveaux projets qui sont en train de se construire et qui seront le fruit de sa riche production : « En fait, je ponds des trucs. Et ensuite je trouve une suite logique, une thématique, une couleur, et j’essaie d’en faire un recueil homogène pour que ce soit entendu par plein de gens. »
« Tant que les gens kiffent et que c’est singulier, ça me plait. Peu importe ce qu’il y a dedans, mis à part le racisme, la discrimination… Mon propos, c’est juste de faire écouter, kiffer, être dans le mouv’. »
Vous l’aurez compris… Exodus n’a pas fini d’explorer ! Pour des featurings, pour des projets solo, pour des spectacles : tant qu’il aura la possibilité de créer et de faire du son, il le fera avec passion. Et s’il faut découvrir de nouvelles sonorités et de nouveaux univers, ce ne sera pas un problème. Solide sur ses appuis avec la famille en pilier essentiel, il continuera à se promener dans le secteur musical en ajoutant son grain de sel !
Vax 1 – Du son dans le sang
Les chanteurs prennent souvent la lumière des projecteurs. Mais derrière eux, il y a tout autant d’artistes qui œuvrent pour composer les meilleures sonorités, les instrus qui feront la différence. Depuis une vingtaine d’années déjà, Xavier, aka Vax 1, est compositeur, beatmaker, ingé son. Dans son labo musical, il explore un univers varié, du rap à la nu soul en passant par la funk. C’est peut-être le seul vaccin qui n’a pas besoin de piqûre de rappel. Mais qui fait des bons sons à la pelle.
🎹 L’écriture et la curiosité pour faire ses gammes
Comme pas mal de monde, Xavier a fait ses premiers pas dans la musique avec le solfège, un an de sax’, deux ans de batterie… Mais le vrai déclic, il l’a eu plus tard. À la fin du lycée ou au début de la fac, il commence à écrire et à poser quelques couplets.
« J’avais trop envie d’écrire, et c’est parti de ça. J’écoutais tellement de rap que je sais pas, j’étais matrixé. Et j’ai fait des rencontres avec des potes qui avaient un peu la même vibe, le même délire, et ça a commencé comme ça. On a gratté ensemble, on a commencé à poser… et ça a donné la microfaune. »
C’était son tout premier groupe de rap, en 2006. Avec Double A (devenu Roméo Xr), Panda (devenu Panda Dub), et d’autres, il commence à explorer. En même temps, il a toujours été curieux. Déjà à l’époque, il kiffait essayer de fouiner et chercher à comprendre ce qu’il écoutait.
« J’avais déjà grave ce délire de disséquer un peu ce que j’écoutais. Je me disais putain c’est quoi le sample, tu vois, j’allais digger, chercher, me rendre compte qu’en fait tout cet album de tel artiste que je kiffe est fait par le même producteur de tel autre que j’adore… »
Quand il découvre Reason et Audacity, il se met à bidouiller, à tester des choses et à faire des instrus. « Qui sonnaient dégueulasse, mais j’étais comme un ouf. » Au passage, une formation multimédia lui permet de squatter Pro Tools et d’apprendre certaines bases. Ce qu’est un equalizer, un compresseur… bref, d’avoir une première approche avec le côté technique.
Alors il avance, avec ses potes, et finit par choper Ableton Live. Et là, il commence à prendre le truc plus au sérieux, cherche à faire des prods de meilleure qualité… il embraye et passe la seconde, écrit un peu moins et se concentre de plus en plus sur la production. Bien sûr, c’est raccourci hein.
« C’est compliqué de résumer 10 piges en deux phrases, mais c’est un croisement. Il y a eu les deux en parallèle, l’écriture et la production. C’est tout un processus que même moi je n’arrive pas forcément à expliquer facilement, tu vois. »
Depuis, il ne s’est finalement pas arrêté. Des dizaines de projets sont passés par là, avec l’Or du Commun, Double A, Anton Serra, Nancy Khadra, et plus récemment sadtoi. L’aventure sonore continue encore. Même si avoir la même inspi tous les jours, c’est loin d’être une évidence.
💫 Tenir la cadence et rester créatif par intermittence
Avant d’être intermittent et d’être dans le son à 100%, Xavier a eu sa période à enchaîner les petits boulots. Un passage qu’il ne regrette pas du tout, au contraire, puisque ça lui a permis de mettre un pied dans un quotidien rythmé par des horaires “classiques”. Un bon moyen de savoir ce que tu veux… et ce que tu ne veux pas !
« C’est quand même important pour moi d’avoir été dans le schéma plus traditionnel pour savoir ce que c’est aussi. Ça m’a permis de me rendre compte de ce qu’était la diversité du monde du travail. Et c’est sûr que quand tu es intermittent, c’est une autre vision. T’es pas du tout dans le même moule. »
Au début de son intermittence, Xavier faisait beaucoup de lives et de concerts, ce qui lui apportait une certaine stabilité. Mais après ça, il fallait qu’il puisse s’assurer d’avoir un certain nombre d’heures en solo : pas évident quand tu ne fais que des beats et des instrus !
Il y a les périodes où il y a des projets par milliers, et d’autres où c’est le calme plat, ou presque. Alors forcément, il y a des phases de remise en question. D’autant plus que tu ne peux pas être inspiré, composer et créer avec la même énergie tous les jours de l’année !
« C’est mon métier de faire de la musique, d’être inspiré, de toujours avoir les méninges au taquet pour sortir des trucs qui fument. Et ouais, ouais, je traverse toujours de longs passages à vide. Souvent pendant l’été. Là, je suis encore un peu dedans… Mais c’est un cycle.C’est toujours dans ce cycle où ça peut me traverser de me dire mais putain, c’est peut-être fini là ! Faut que je trouve un taf carré, avec des horaires de bureau, j’en sais rien…»
Sauf que non, bien sûr que non, ce n’est pas la solution. La solution, il l’a trouvé en acceptant ces cycles et en diversifiant son activité. En faisant de l’enregistrement, du mixage, et en s’appuyant sur toutes les activités qu’il maîtrise. Bref… en montant son studio.
Mais le rythme reste variable. Il faut être prêt à faire face à l’instabilité et ne pas tout remettre en question à chaque fois. « Il faut quand même avoir la tête sur les épaules. Il faut garder son cap, et ne pas trop se laisser engrainer par les moments où tu n’as pas trop de taf, ouais. C’est pas un long fleuve tranquille. »
Une situation qui a ses avantages et ses inconvénients. Qui offre une certaine liberté, mais aussi une bonne dose de stress. En plus de 6 ans, il a pu voir les différentes facettes du métier et trouver l’équilibre. Même si quand tu passes certaines étapes, comme devenir papa, forcément, ça interroge !
« Ouais, déjà que je dois gérer l’adolescent que je suis (rires). C’est sûr que je me suis dit ‘putain mais c’est quand même un peu précaire comme aspect professionnel. Est-ce que je vais pouvoir subvenir à ses besoins, est-ce que ça suffit…’ ça, c’est le côté anxiogène. Mais l’autre avantage, c’est que tu as du temps pour t’en occuper, pour passer du temps avec ton enfant. Tu peux adapter ton emploi du temps. On découvre plein de choses quand on est parent, et ça, c’est quand même le bon côté du truc. »
🧪 Un labo qui n’a pas fini de créer et de donner du son
Si tout a commencé par le hip hop et le rap, l’univers musical de Vax 1 s’est petit à petit élargi. Vers une fusion plus funk, électro, nu soul… Son dernier projet, Pigments, en collab avec sadtoi, représente assez bien son ambiance du moment.
Car oui, s’il propose des sessions d’enregistrement et du mixage, il n’a pas perdu l’envie de créer. Même s’il faut parfois s’accrocher ! Parce qu’avec un tas de projets en parallèle, des collaborations avec des gens qui ne vivent pas dans la même ville, il peut parfois s’écouler pas mal de temps entre l’enregistrement des maquettes et la sortie du truc.
« Il faut garder le cap. ll faut être déterminé à se dire : non, non, non on n’oublie pas qu’on veut sortir ce truc, que ça ne doit pas rester dans notre disque dur. Moi j’ai bien ce truc-là, de vouloir aller au bout d’un truc qui me tient à cœur. Que ce soit avec Nancy ou pour Pigments, on a tout fait pour que ça ne reste pas juste dans nos oreilles. »
Vax 1 garde la même motivation, même s’il connaît des périodes où son cerveau n’a pas besoin de tourner à plein régime. « C’est bizarre, c’est comme si parfois je saturais. Mon cerveau n’a pas besoin de ça, en fait, il n’a pas besoin d’être alimenté par ça. » Mais ce ne sont que des phases. Car quelques temps après, il se retrouve à digger, à écouter de tout, à se refaire des classiques…
La passion est encore là, et il continue à prendre son pied, dans toutes les étapes de ses projets. « En fait, j’ai vécu plein de scénarios différents. C’est vrai que le moment de création est hyper kiffant. Le moment où tu commences, tu fais une base, après tu l’envoies encore plus loin… ça te fait une émulsion hyper puissante et tout. Le moment où ton son va sortir, tu es refait parce que ça y est, tu le partages au monde entier. Donc ça aussi, c’est un moment kiffant. »
Son taf reste assez solitaire, mais c’est aussi pour ça qu’il aime bien s’entourer. Comme en ce moment avec le bassiste Hudge. C’est ce qui lui permet de profiter des ondes d’autres artistes, et de toujours trouver de nouvelles recettes.
« Faire des collabs, se mélanger avec l’univers de quelqu’un d’autre, ça aide à provoquer l’inspi. Ça me permet de faire des rencontres musicales, d’allier plusieurs univers. Ça stimule. Ça fait presque 14 piges que je fais des instrus, et je n’ai pas envie de marcher dans mes pas. De toujours faire la même chose. J’ai besoin de me renouveler. »
D’ailleurs, s’il est bien souvent dans l’ombre, la question de relancer la machine à écrire et de prendre le micro reste dans un coin de sa tête…
« Ouais, c’est un truc qui me traverse pas mal. Je note parfois des phases, et je me dis “vas-y, ce serait quand même cool d’avoir besoin de personne, que je sois autosuffisant dans la musique et les lyrics”. C’est quand même un truc qui m’excite un peu de me dire “je sors un projet où je sors mes tripes, c’est-à-dire que de A à Z ce sera ce qui sort de mon cerveau. Ouais, c’est un truc qui m’habite. »
En attendant, Vax 1 n’attend pas. Il continue de charbonner, de chercher, d’explorer, de tester des recettes. Un prochain EP et des sons avec Anton Serra sont déjà sur le feu. Sans compter de nouvelles collaborations… Pas besoin d’être malade pour avoir sa dose. Le laboratoire musical n’a pas fini d’œuvrer à Lyon et d’y propager des bons sons !
Novopol – Transformer son plomb en sonore
Et si la musique pouvait aider à faire du bien ? À guérir, d’une certaine manière ? Ou à minima à être bien avec soi-même ? C’est un peu la quête que poursuit Paul, aka Novopol. Artiste producteur, mais surtout alchimiste électronique, il explore une musique électro qui mêle techno et house. Une musique qui résulte de nombreuses réflexions, qui transpire la passion et qui fait danser de plus en plus de monde. De Lyon à Paris, de Paris vers Berlin… Ce n’est que le début du chemin !
La musique, tu l’aimes ou tu la quêtes 💎
Avant d’être musicien, producteur, artiste, Paul est d’abord un gars spirituel. Son projet est né d’une passion pour l’alchimie et la symbolique des choses. Depuis toujours, il aime chercher et comprendre. Tout, ou presque. Alors il s’est vite retrouvé fasciné par le courant de l’alchimie. Pas la quête physique, mais la quête intérieure, spirituelle, de progression et d’évolution.
Une quête qui l’a beaucoup aidé à se développer, à se comprendre et à se trouver. « On pourrait parler de développement personnel, mais avec une forme de spiritualité, qui n’est pas religieuse. Plutôt une connexion à la nature, une reconnexion à son environnement. » Des années de réflexion lui ont permis d’avancer dans la musique. Une musique qui part aussi de là : d’un besoin de se trouver, de transformer et de partager des bonnes ondes.
« À la base, ma musique était très spirituelle. Je voulais faire de la musique pour guérir les gens. Je crois vraiment que, dans les sons, il peut y avoir une vibration qui peut faire du bien. Je cherchais à faire de la musique qui fait du bien, tout simplement. […] Mon domaine d’alchimie, c’est la musique électronique. C’est donc transmettre des choses via mon son, et essayer de m’inspirer de tout ce qui m’entoure, au quotidien, pour les mettre dans la musique. »
Comme un alchimiste chercherait à transformer le plomb en or, Novopol cherche à utiliser l’énergie de la ville pour la transformer en énergie plus naturelle, plus joyeuse, plus organique. Au début, quand il était dans une phase d’introspection, il visait une énergie très apaisée, et apaisante, presque méditative. Mais ça, c’était avant.
Aujourd’hui, il cherche à partager quelque chose de plus extérieur, de plus fort. Pour proposer des sonorités organiques, naturelles, il capte des sons dans la nature – notamment grâce à un géophone qui permet de capter les vibrations basses des surfaces – et les transpose dans ses sons. Rien de tel pour les rendre vivants !
« Avant, si l’énergie était de faire en sorte que les gens soient bien avec eux mêmes, maintenant, l’énergie est de donner aux gens l’énergie de soulever des montagnes. […] En fait, j’ai envie de faire de la musique qui fait danser les gens, tout simplement. J’ai juste envie de transmettre des bonnes vibes dans la musique. »
Du beatmaking aux scènes techno : la puissance des rencontres 🤝
Les sons sortis par Novopol, ce n’est que la face émergée de l’iceberg. Le résultat de 7 ans de recherches intérieures et de questionnements pour parvenir à trouver un équilibre, mais aussi de rencontres inspirantes.
À la base, Paul a commencé par produire des beats de rap. C’est sa rencontre avec des ingénieurs du son, et notamment Théo, qui lui permet de mixer et de finir proprement son premier morceau. Au passage, il rencontre El Bobby : un rappeur, mais aussi un coup de foudre amical et professionnel. Peu de temps après, ils se mettent à faire du son.
« On se retrouve sous une table de ping pong, recroquevillés, à chercher à capter le bruit des gouttes de pluie qui tombent. » Un enregistrement qui donnera lieu au titre Goutte de pluie, récemment sorti par le rappeur. Ensemble, ils bossent sur Un monde étrange et tous les Propagande. Par la même occasion, il rencontre tout le plan Ä et des artistes comme Cyrious…
Bref : la machine à créer du son avec les bonnes personnes est lancée. Mais l’envie d’avancer en solo ne le quitte pas pour autant. Reste en lui l’envie de trouver sa direction. Il sort son premier EP, Invocation, avant d’enchaîner sur un second, Passage, toujours en lien étroit avec les phases qu’il traverse dans la vie.
Grâce à ce second EP, il rencontre Florian et rejoint l’aventure Flemme Records, qu’il finit par co-gérer. Un label associatif composé de personnes qui peuvent le guider et l’aider à ne pas reproduire certaines erreurs. « C’est dur, quand tu es seul dans ton projet, de savoir où tu veux aller. Tu vois, tu te perds. Donc c’est très très précieux pour moi cette relation-là. »
Il fait ses premières dates. D’abord des dates gratuites, pour l’honneur, se faire connaître et apprendre. Puis il les enchaîne. Résultat ? Au moins 60 dates au compteur sur les deux dernières années. Jusqu’à ce qu’il décide de revoir le rythme à la baisse pour se concentrer sur celles qui en valent le plus la chandelle.
« Parce que ça m’a usé. À un moment donné, j’ai perdu la passion. Je faisais trois dates par week-end, les trois sans être payé, et à la fin du week-end, j’étais mort, je n’avais plus d’énergie. Et le lendemain, il fallait que j’aille à mon job alimentaire parce que, sinon, je ne pouvais pas payer mon loyer ! »
Le travail, c’est la synthé 🚀
L’une des forces de Novopol, c’est qu’il est bosseur. Après avoir couru dans tous les sens, il a rencontré assez de personnes pour ne faire que quelques dates (les bonnes) et avancer sur ses projets en parallèle. Mais ça, c’est grâce à tous les sacrifices faits avant.
Chaque année, il se fixe de nouveaux objectifs, qu’il atteint généralement en moins de 6 mois. Forcément, quand on charbonne 60 heures par semaine, ça aide ! Jouer à Paris, au Petit Salon, et au Sucre, c’est fait. Signer avec une bookeuse parisienne et avoir une date au Glazart, c’est fait aussi. Reste à toucher de nouveaux clubs parisiens, à sortir sa musique sur des grands labels… mais pas question d’aller plus vite que la musique.
« Je fais plein de trucs. J’ai 14 cordes à mon arc, et je me dis qu’en tirant 14 flèches par jour, avec 14 arcs différents, c’est sûr qu’il y en a une qui touchera une cible. […] Ce que je vais faire de cette aventure, ça ne dépend que de ce que j’ai envie d’en faire ! »
Forcément, il lui arrive de se remettre en question. Mais grâce à ses 7 années à se découvrir et à évoluer, ce n’est plus vraiment un problème : « Ce sont des phases que j’ai appris à gérer. Juste, je fais de la musique, en fait. J’ai appris à connaître mon corps, les signaux qu’il m’envoie. Parfois j’ai des phases de up, parfois de down, mais voilà. Il ne faut pas tout remettre en question juste parce qu’on est en down ! Il faut trouver un équilibre. C’est comme tout. » Cet équilibre, Novopol commence à le trouver. Même s’il continue à courir pour ne pas passer à côté de sa vie.
« On est jeunes, on a la vie devant nous. Mais pour autant, j’ai l’impression constamment d’être en retard. Et ça me pousse aussi à être toujours dans ce dépassement, à atteindre mes objectifs. Je n’ai pas peur de grand chose, mais j’ai peur d’arriver à un moment de ma vie et d’avoir des regrets. De me dire que “à ce moment-là, je ne me suis pas donné les moyens.” »
Alors il se donne les moyens. Parce qu’il sait que s’il veut que ça marche, c’est maintenant. Il poursuit ses recherches, travaille sa signature, son identité, avec la volonté de monter un projet musical solide pour pouvoir en vivre.
« Ça reste un travail, et je vois ça comme une entreprise. Qui dit entreprise ne veut pas dire que tu vends ton âme au diable. Si tu veux vivre de la musique, je suis désolé mais t’es obligé de voir ça comme une entreprise à un moment donné. Ça sert à rien de tirer sur un arbre pour le faire grandir plus vite. Par contre, si tu l’arroses bien et que tu en prends soin, il grandira. Et bien, c’est pareil pour la musique. »
Pour ça, Novopol reste sérieux, bien entouré, et tâche de se préserver, malgré un rythme de vie qui peut être renversant. « J’ai déjà fait beaucoup de tout ce que j’aurais rêvé de faire. Pour moi, la clé de tout ça, c’est d’avoir un entourage sain. Je ne prends aucune drogue. Quand je joue, je ne bois quasiment pas d’alcool. Parce que je vois ça comme une entreprise, comme un travail. Il faut travailler. Et pour travailler, il faut un rythme de vie sain. »
La suite ? Continuer à s’implanter sur la scène parisienne, à jouer dans des beaux lieux, puis aller conquérir d’autres villes. Jusqu’à Berlin, si possible. Mixer, mais aussi produire et voir sa musique gagner en reconnaissance. Beaucoup de projets sont déjà prêts, tandis que d’autres sont dans la marmite. Free Movement est déjà sorti, et un EP 2 titres ne devrait pas tarder. N’hésitez pas à vous y attarder. Et n’oubliez pas : on n’a pas le temps pour les regrets !
« Que ce soit musical, artistique, humain, il faut essayer d’être en paix avec soi-même sur tous les plans de soi-même. C’est vraiment en lien avec ma musique au final. Parce que je fais des trucs assez sombres, mais c’est le fruit d’un travail intérieur. Et ça ne me dérange pas, parce que si on était dans un monde tout beau, tout blanc, tout bienveillant, il serait hyper lisse. C’est l’équilibre des deux qui crée un monde agréable à vivre, et une musique agréable à écouter. »
✉️ Son message
« Soyez bien avec vous-même. En vrai, je pense que c’est ça la clé. Apprends à être bien, à être toi-même, et à avoir une bonne estime de toi. Au-delà d’une bonne confiance en toi, parce que la confiance en toi, ça vient, ça part, en fonction de si des gens jouent avec, la brise un peu… Si tu as envie d’un truc, tu peux le faire. Juste, c’est du travail. »
🪄 Ce qu’il changerait s’il avait une baguette magique
« La violence du monde. Derrière la pauvreté et la guerre, c’est la violence du monde. Le monde est violent, et peut-être que si le monde était moins violent, il y aurait moins de pauvreté, les gens seraient plus bienveillants. Je pense que notre société évoluera quand elle sera moins violente. »
Aigre Douce – Des averses d’émotions diverses
De l’envie d’écrire à celle de partager ses chansons sur scène, il y a tout un chemin. Un chemin qui peut être tortueux avant de se sentir légitime, mais il faut parfois que ce soient les envies et les émotions qui priment. Julie, aka Aigre Douce, est autrice, compositrice, interprète lyonnaise. Après s’être formée au conservatoire, elle a finalement laissé le basson de côté pour se trouver une nouvelle voix, plus libre. Armée de sa guitare, elle nous cuisine des chansons françaises aux influences jazz qui mêlent délicatesse et amertume, colère et douceur. Des chansons d’amours et d’averses. Si vous voulez du superficiel… vous aurez tout l’inverse.
Du conservatoire à la scène : une voie orchestrée 🎷
Julie n’est pas arrivée à la chanson par hasard, seule avec sa guitare. Avant ça, elle a fait des années de conservatoire, en classique, à apprendre le basson et à jouer dans des orchestres. Cet intérêt pour la musique, elle l’a depuis toute petite. Le besoin d’écrire aussi. Mais ce n’est pas pour autant qu’elle se voyait monter seule sur scène pour partager ses écrits.
« La musique est arrivée assez tôt dans ma vie, parce que j’ai eu la chance d’avoir des parents qui ont constaté cet intérêt chez moi. L’écriture, je l’ai pratiquée assez tôt aussi, mais sans penser écrire de la chanson. Je pense qu’on est beaucoup à fantasmer d’écrire de la chanson mais en tout cas moi, personnellement, je n’assumais pas. »
Ses textes, elle les écrit pour elle. Son truc, c’est d’abord le basson et les orchestres, tant et si bien qu’elle pensait en faire son métier. En tout cas, c’est dans cette direction là qu’elle allait. C’est pendant le confinement, comme beaucoup d’entre nous, qu’est arrivée la remise en question. « Est-ce que j’ai vraiment envie d’être musicienne d’orchestre toute ma vie ? Les brouillons que j’écris dans mon coin, est-ce qu’ils n’auraient pas un peu d’intérêt ? »
Timidement, elle se tourne petit à petit vers la chanson. D’abord en faisant une formation de musicien·ne intervenant·e, pour intervenir dans des écoles, partager un peu de son art et de son savoir. C’est lors d’un atelier d’écriture avec Buridane qu’elle va au bout de sa première chanson : Carte Postale.
Depuis, elle n’a pas arrêté. Il lui aura suffi de quelque temps loin de Lyon pour réaliser à quel point la musique et la scène lui manquaient. À son retour, pas de doute : ce qu’elle veut, c’est monter sur scène avec son projet. Aigre Douce participe à des scènes ouvertes, fait des co-plateaux (avec Noa Li au Café Rosa, avec Jade Pappagallo à l’AlternatiBar) et continue à se découvrir. Une année à l’ENM pour une formation “Objectif scène” lui permet d’ajouter de nouvelles cordes à son arc et de faire des premières parties.
Pas à pas, elle s’éloigne du basson et du conservatoire pour gagner en liberté de création et d’expression. « Ça me plaisait beaucoup, mais c’est assez bloquant en termes de créativité. Parce que tu es vraiment là pour bosser une spécialité, et on ne t’encourage pas, voire on te décourage de t’éparpiller. Et moi, j’avais très envie de m’éparpiller ! »
Elle profite de son expérience de la scène (même si c’était avec un basson, au fin fond d’orchestres réunissant des dizaines et des dizaines de personnes), continue à l’appréhender avec de la musique de chambre et une comédie musicale. « Ça m’a bien préparée pour me sentir plus légitime pour présenter mes chansons. Mais j’avais tellement hâte, ça (la scène) ne m’a pas du tout intimidée. »
Dès qu’elle a pu, Aigre Douce s’est inscrite au Tremplin Découverte À Thou Bout D’Chant, toujours dans l’idée de développer son projet. Il y a quelques mois, elle obtenait le prix du jury avec sa guitare, ses chansons et, surtout, ses émotions.
Prise de conscience et de confiance 🧩
Remporter un prix, c’est une chose. Mais ce n’est pas toujours évident de se sentir légitime dans la création et dans le fait de partager un bout de soi sur scène. Pas facile, non plus, de se dire guitariste quand on était spécialiste du basson, qu’on a commencé par le ukulélé, qu’on s’est formé à l’aide de quelques cours collectifs et de son entourage.
« J’ai la sensation que les plus gros progrès que j’ai fait, c’était toujours en jouant avec d’autres gens de mon âge, de mon niveau. On se donnait des conseils entre nous, et c’est super important cette émulation. » Cet environnement sain, autour de la passion commune de la musique, aura été un outil précieux pour s’affirmer, gagner en confiance en soi et, petit à petit, se sentir légitime. Même si le travail continue !
« J’ai du mal à bouder la légitimité. Ça va mieux, ça va beaucoup mieux. Mais ça met du temps. Moi, je ne me sentais pas chanteuse du tout, je ne me sentais pas guitariste du tout non plus. Et là, je ne peux pas me présenter à des gens en disant ça, sinon on ne va pas croire à ce que je fais. »
Ce qui a aidé Aigre Douce à faire grandir cette confiance en elle, c’est non seulement l’entourage et l’environnement de la musique, mais aussi ses interventions dans des classes de CM1-CM2. Face à un public qui n’a rien demandé, qui peut être plutôt agité, et que tu dois pourtant toucher et embarquer. « Jouer devant des CM1-CM2 et ne pas se démonter, aller au bout d’une proposition, en termes de légitimité, ça forme bien. Ce sont des pré-ados, ils ne pardonnent pas ! »
Un exercice encore plus compliqué que la salle de spectacle, où Aigre Douce se sent protégée par la scène et ce contrat qui lie l’artiste à son public. À force de pratique, d’interventions en milieu scolaire et de bonnes fréquentations, la légitimité a gagné du terrain et Julie trouve du sens dans ce qu’elle fait au quotidien.
« Je ne trouve pas beaucoup de sens à beaucoup de choses. Mais ça, j’y trouve du sens. Déjà, physiquement, ça fait du bien de chanter. Ça fait beaucoup de bien d’écrire. Écrire, poser ses émotions, c’est un peu thérapeutique. Composer, mettre ses textes en musique, c’est assez jouissif. Et être sur scène, c’est fatiguant, mais c’est super nourrissant ! »
Un projet riche d’amours et d’averses 🎙
C’est nourrissant pour elle, mais aussi pour les gens. Car Julie parvient à toucher, à transmettre des émotions, à faire voyager. « Voir qu’il y a des gens qui résonnent avec ce que tu écris, qui sont touchés d’une manière ou d’une autre, soit qui rient, soit qui pleurent, sur des trucs que tu as écris dans ta chambre… »
Alors Aigre Douce continue à écrire, assez spontanément, avec un processus plutôt solitaire. Des tas de pensées, de rimes, de jolies phrases qu’elle garde de côté, qu’elle viendra réécrire et renoter pour les agencer et construire ses chansons. Prochaine étape ? Enregistrer et figer ses créations.
Le Tremplin lui a permis d’obtenir une session d’enregistrement qu’elle devrait pouvoir exploiter prochainement. Six morceaux sont déjà prêts à être enregistrés. Récemment, une session live avec La Serre a déjà laissé une première et très belle trace de sa chanson Modena.
Mais au-delà des prix et des enregistrements, l’événement organisé par A Thou Bout D’Chant lui a beaucoup apporté, et l’a confortée dans son projet.
« Ça m’a permis de rencontrer du monde, de me sentir un peu moins seule là-dedans, de voir qu’il y avait plein de manières d’amorcer son projet artistique. Et justement, en termes de légitimité, ça m’a mis un gros coup de pied au cul ! Donc ouais, de la légitimité, des copains, de l’expérience. Et puis de l’espoir aussi, beaucoup, par rapport à mon projet. »
Avec ce bagage, Aigre Douce a de quoi avoir de l’espoir. Les enregistrements à venir pourront vous donner une meilleure idée de son univers : des chansons françaises, aux influences jazz, douces, qui touchent à des sujets intimes et profonds. La santé mentale, l’identité queer, la famille… et beaucoup d’amours et d’averses. Des histoires d’amitié, de relations amoureuses, de famille, qui ont de quoi nous atteindre et nous faire verser une ou deux larmes, que ce soit de tristesse ou de joie.
« Beaucoup de gens me disent qu’ils ont pleuré, j’adore. J’écris beaucoup mes chansons en pleurant, même quand elles ne sont pas tristes. Et puis j’ai un peu la volonté de faire un truc qui ne soit pas trop lourd à écouter, mais qui soit quand même emprunt d’émotions. J’essaie, en tout cas. »
Ses chansons, elle les a elle-même écrites dans l’amour, dans la douleur, dans… dans l’émotion. Parfois avec de la rage, parfois avec de la tristesse, parfois avec des sentiments qui débordaient et que seule la feuille pouvait récolter.
« Il y a des chansons que j’ai écrites en pleurant, en étant très en colère… J’ai l’impression que j’arrive à transmettre des émotions. Est-ce que ce sont celles que j’avais quand j’ai écrit ? Je ne sais pas, mais ce n’est pas très grave. Je pense que l’important, c’est de transmettre un truc. Et si ça peut être interprété librement par chacun, c’est cool aussi. »
Des histoires qui sortent tout droit du cœur, qui peuvent mêler tendresse et rancœur, et que Julie tient à partager avec les bons mots. « Le langage, ça n’a jamais rien d’anodin. S’il y a bien une occasion d’utiliser du langage inclusif, c’est en poésie. »
Elle veille à ne pas se laisser aller à la colère pour que ses textes soient bien compris et interprétés. Pas toujours évident quand il s’agit de traiter des sujets de société, même s’il est important d’en parler. « Je trouve que c’est important de mettre le doigt sur une sensation de débordement. Et en même temps, j’ai envie que ce soit clair, qu’on comprenne ce que j’ai envie de dire. Quand ce sont des sujets pour lesquels je me bats, je n’ai pas envie que ce soit compris de travers. C’est plus délicat, super dur à écrire, mais ça me donne envie, ça m’importe beaucoup. »
Alors Aigre Douce continue à travailler sa plume, à chantonner, à remplir ses carnets de pensées. Hâte que ses chansons soient enregistrées afin qu’elle puisse vous les partager. Pleines d’émotions, de douleur, de douceur et de larmes, c’est une belle occasion de se laisser happer et de rendre les armes !
LVCKY – Un conteur avec des rimes au compteur
Faut-il vraiment devenir sérieux la trentaine passée ? Arrêter de rêver, de s’amuser, pour laisser de côté l’enfant qui sommeille en nous ? Baptiste, aka LVCKY, rappe à Lyon depuis une dizaine d’années. Assez discret, il n’est pas du genre à sortir des trucs sans raison mais plutôt à soigner chacun de ses sons. Des sons qui racontent des histoires, qui abordent des thèmes de notre génération avec pas mal de dérision !
Un rappeur trop jeune fun pour mûrir 🍎
Ça fait 3 ans que LVCKY bosse sur un projet qui va bientôt voir le jour. Mais si on rembobine, tout a commencé par le beatbox aux côtés de mecs comme Alem, devenu champion du monde entre temps. Oui, Baptiste était le genre de mec à se mettre à beatboxer au milieu d’une phrase : « Ça tournait à l’addiction ! J’ai du mal à faire les choses à moitié, de toute façon. »
À la sortie du lycée, il laisse ça de côté. Et c’est pendant une année d’études à l’étranger qu’il gratte son premier texte : « Trop jeune pour mûrir », inspiré par le titre de l’album de Stomy Bugsy, sur la prod de J’ai mal au mic d’Oxmo Puccino. Avec ce premier son, qui dort encore au chaud sur Soundcloud, il découvre le kiff d’écrire, de poser ses idées pour créer.
« C’est le texte que j’ai peut-être écrit le plus vite de ma vie. Moi qui suis très vif sur un peu tout, ça m’a fait vachement de bien de me poser, de réfléchir. C’est bien d’user son cerveau, de le fatiguer, de réfléchir activement. […] En fait, rapper, c’est créer de l’information. Créer de l’activité cérébrale. »
Vous l’aurez compris : il est piqué. Alors il remplit les notes de son smartphone, accumule les types beats, et affine petit à petit son style. Sa rencontre avec Bonetrips le conforte dans son envie d’avancer : « J’ai choisi soigneusement les titres que j’avais maquettés, et je lui ai envoyés. » Bingo. Ses maquettes plaisent, il commence à s’entourer et à bosser avec des beatmakers, qui lui envoient des prods et l’accompagnent dans son travail.
« J’ai eu de la chance. D’ailleurs, c’est le personnage de LVCKY : un type qui est presque chanceux, qui a tout pour réussir et à qui il va arriver des couilles. »
S’entourer comme il faut sans être faux ⭕️
C’est un truc qui lui tient à cœur : être bien entouré et travailler avec des gens de confiance. Que ce soit pour ses sons, pour ses clips (comme Grand gamin réalisé par Alex Mameli), pour la pochette de son projet (avec Jim Lasouille de Rue d’Algérie), il bosse avec des gens dont il apprécie le travail, et vice-versa. Pas question de gratter !
« Je veux créer une sorte de cercle vertueux. On croit au projet, on se casse le cul, et si on n’aime pas, on se le dit. En fait, tu crées un cercle vertueux de gens qui te font confiance. […] Et c’est ça aussi que je veux apporter dans ce que je fais : il y a un côté impertinent, mais bienveillant. »
Ce qui prime, c’est de s’apprécier, de créer du lien et du respect tout en étant sérieux et responsable. Comme s’il ne voulait pas vivre dans un monde de requins. Comme s’il voulait conserver son côté grand gamin. C’est le thème qu’il explore dans son dernier clip, qui questionne sur l’immaturité que l’on peut reprocher à certains jeunes adultes qui ne rentrent pas dans toutes les cases. Une insouciance à laquelle il tient !
« Déjà, je pense que c’est bien d’être naïf parfois. Et il faut surtout laisser de la place à l’émerveillement dans sa vie ! [..] Je me laisse le droit à l’émerveillement. Je crois que c’est ça, un grand gamin. Quelqu’un qui se laisse le droit de kiffer devant un film, devant un jeu vidéo, à 30 piges, qui peut passer une soirée à se faire tarter à Fifa avec ses potes, et être responsable. »
Du rap qui fait kiffer 🎤
Le rap de LVCKY est accessible à tous. Il ne s’agit pas de parler de trucs sombres, de gros calibres, de grosses voitures. Son truc, c’est plutôt de prendre des sujets communs, universels, et d’en faire des histoires agréables à écouter. De prendre des choses qui nous ont tous touchés, de près ou de loin, et de poser sur elles un regard dérisoire.
« Il y a de la place pour tous les types de rap. […] J’aime bien reprendre des sujets communs, mais qui ne sont pas forcément trop adressés dans le rap, et essayer de trouver des phases qui font planer. Je veux apporter un peu de couleurs dans ce que je fais, un peu de groove. […] Je veux que les gens qui m’écoutent passent un bon moment, se détendent. C’est aussi pour ça que je suis très imagé dans ma façon de rapper. »
Des sujets traités avec fun, avec des refrains pensés pour être retenus (c’est son côté hip-pop !). Mais derrière cette légèreté, il y a une approche assez mathématique. C’est pensé, posé, calculé.
« C’est vrai que j’ai un côté conteur, et c’est aussi pour ça que je scénarise mes sons. Quand j’écris une thématique, je ne fais pas forcément thèse – antithèse – synthèse, mais je sais où je vais, et les cases par lesquelles je vais passer pour que ce soit audible. Je suis très mathématique dans ma manière d’aborder le rap en général. […] J’aime aussi réfléchir à “est-ce des gens vont se retrouver dans ce que j’écris”. Est-ce que ça peut leur parler. »
Car oui, au-delà de faire des textes et des histoires qui tiennent la route, il tient à ce que ce soit clair et compréhensible dès la première écoute : « Je m’applique dans ma façon de rapper à ce qu’on comprenne quasiment instantanément les paroles. Avoir ce flow cadencé, ça m’aide à avoir une bonne diction et à me faire comprendre directement. »
LVCKY trace sa route sans prétention et sans jouer le jeu de la surproduction.
Sensible aux retours qu’il peut avoir, il reste à la fois près et loin des réseaux. Son projet, en cours de finalisation et de mastering, sera bientôt sorti du four. En attendant, il reste discret et, surtout, continue à kiffer. Fidèle à son approche mathématique, il prend le temps de faire les choses, et de les faire bien.
« Se forcer, ce n’est pas bon non plus. Au bout d’un moment tu vas exploser en route, ne même plus savoir pourquoi tu fais ça. Après, ça dépend aussi de ce que tu veux faire. Est-ce que tu veux faire des textes marquants, ou juste dire que tu es là ? […] J’me suis pas dit qu’un jour, je péterais. J’pense que c’est une erreur de penser ça, je pense qu’il faut déjà rapper pour le plaisir de le faire. Si ça marche, tant mieux, si ça ne marche pas, tant pis. »
Avec l’équipe de Sainte Fortune (Bonetrips, Chicho, et Tcheep) et des sessions au studio Polycarpe, LVCKY peaufine son projet, ses histoires, sa dérision. Il prends le temps, mais il a des raisons : rendez-vous dans quelques mois pour écouter un grand gamin, mais surtout un conteur avec pas mal de bonnes rimes au compteur !
Fleur sous bitume – Plus de fleurs que de mal
Vaste défi que celui d’organiser le bordel du monde dans lequel on vit. Déjà qu’organiser ses propres pensées est loin d’être simple… C’est, en partie, ce que Fleur sous bitume nous partage dans ses chansons qui mêlent pop, rap et chanson française. Des textes intimistes emplis d’émotions qui se marient parfaitement à des mélodies douces et éthérées. On a rencontré Bertrand, aka Fleur sous bitume, chanteur franco-allemand de 26 ans qui a sorti son projet Organiser le chaos il y a quelques mois.
Risquer de se planter pour espérer pousser 🌱
Après avoir grandi en Allemagne, Bertrand a débarqué à Lyon il y a 7 ans. C’est ici, en 2020, qu’il a planté les premières graines de Fleur sous bitume.
Il avait 15 ans quand il a commencé la musique, après avoir découvert le rap, et notamment le rap français, lors de ses vacances annuelles en Bretagne. Avant même la musique, c’est l’écriture qui est entrée dans sa vie. Il se met d’abord à écrire des rimes, en allemand puis en français, avant d’avoir envie de poser sa voix et de rapper.
« J’étais fasciné par les possibilités de la langue française. En termes d’allitération, etc. Rien que les mots sont jolis, sonnent hyper beaux, et sont plein de sens ! […] En fait, la feuille, le papier, c’est une espèce de miroir. Tu te mets devant et ça rend concret des émotions, ça les rend palpables. Ça te permet de mieux les comprendre, les appréhender, les externaliser et les travailler. […] Comme beaucoup de rappeurs, je récupérais des prods sur YouTube. Sauf qu’au bout d’un moment, j’ai eu envie de faire mes propres morceaux, donc je me suis mis à prendre une guitare. »
Pour aller plus loin, Bertrand choisit de prendre des cours. D’abord de guitare, puis par la suite de chant, de compo et d’impro vocale, à l’ENM de Villeurbanne. En même temps qu’il s’attaque au rap, il découvre la scène avec les scènes ouvertes, notamment celles de À Thou Bout d’Chant, qui devient son rendez-vous récurrent. La musique prend de plus en plus de place dans sa vie jusqu’en 2022, année à laquelle il décide de s’y consacrer à plein temps.
En parallèle, il rencontre Armand, pianiste et beatmaker, qui jouera un rôle crucial dans son évolution musicale. Il apporte à la patte mélancolique de Bertrand des notes douces et de la positivité, qui donnent lieu à un savant mélange : « sans lui, le projet n’aurait pas du tout cette sonorité ! »
Ce projet, c’est Organiser le chaos. Son troisième EP, et sans doute le plus abouti, sorti début 2024. Un projet dans lequel Bertrand partage deux années de réflexions, d’écriture, d’introspection, d’émotions face au chaos de ce monde. Un savoureux projet qui navigue entre rap, chanson et pop. La fleur poursuit sa croissance, mais les racines sont là !
« C’est vrai que quand tu veux créer un univers artistique, il faut savoir prendre des directions. J’ai des morceaux en cours, de la pop pure et dure où tout est chanté, d’autres morceaux où je rappe vraiment… il faut que je vois comment arriver à relier les choses. »
Enquête (pleine) de sens 🌸
Pendant deux ans, Bertrand a donc accumulé un tas de maquettes, des morceaux plus ou moins bons, qu’il a triés et retravaillés avec Armand. Les deux artistes ont fait en sorte de n’en tirer que le meilleur. Mission accomplie : Fleur sous bitume fait cogiter, ressentir, vibrer, chialer, sourire…
Avec lui, on tente d’y voir plus clair dans le chaos du monde, pendant que l’artiste nous raconte ce que peut être de grandir et d’évoluer dans une société qui éclate dans tous les sens, une époque qui questionne et génère beaucoup de stress.
« Ce projet parle de ce que c’est d’avoir la vingtaine dans un monde qui paraît hyper cloisonné, mourant, chaotique, bordélique. Comment on trouve nous, en tant qu’individus, en tant que société et groupe, notre place dans ce bordel-là. […] C’est un combat contre la résignation, la dépression qui accompagne notre époque. »
Quand il crée ce projet, Fleurs sous bitume n’est pas dans ses heures les plus heureuses, plein d’émotions qui peuvent être partagées par une bonne partie de nous, à la sortie du confinement, alors que l’on se perd entre l’urgence écologique, le racisme, les guerres… Pour lui, raconter tout ça était logique.
Ce combat contre le chaos, c’est aussi son combat quotidien. Mais ne vous inquiétez pas : ses chansons sont plus sombres que lui. Il joue sur ses émotions bien réelles, fortes et universelles, et peut simplement avoir parfois du mal à s’en défaire. « Parfois, devenir optimiste, chercher le positif, c’est à certains moments trop dur. Alors que s’enfoncer dans le noir, c’est plus simple ! »
« On dit souvent que la nature est anarchique, chaotique. Pour moi, c’est un peu l’inverse. La nature est très ordonnée, très logique, et c’est ce que les hommes en font qui me parait très chaotique, très bizarre, très pervers. »
Un projet en béton direction la lumière ☀️
Organiser le chaos vit. On ne dira pas que le monde va mieux, mais le chaos dans la tête de la Fleur sous bitume s’est apaisé, laissant place à une nouvelle vague créative. Et il n’a pas perdu les pétales. Alors que les autres projets ont vite vieillis, Bertrand ne s’est pas encore lassé de son dernier EP. Sans doute la conséquence du fait d’avoir pris le temps de chercher et d’avoir bossé avec quelqu’un qui le comprenait de A à Z.
De retour au boulot, en studio, il tâche d’être régulier et de trouver la formule qui l’amènera vers plus de légèreté, plus d’optimisme.
« Des potes me disaient qu’ils avaient du mal à écouter parce que c’était trop sombre. J’avais du mal à l’entendre, et maintenant, je comprends. Je me suis aperçu qu’il m’arrivait la même chose avec certains artistes. […] Mon objectif, maintenant, c’est ça : faire de la musique qui transporte, qui emmène les gens loin de la grisaille, qui donne le smile plutôt que de faire pleurer. »
Bien sûr, il y a déjà de la lumière dans la grisaille de ses morceaux. De toute façon… l’un ne va pas sans l’autre ! S’il y a de l’ombre, c’est qu’il y a de la lumière. Une lumière qui ressurgit régulièrement dans ses clips, très qualis, à l’image d’Ascenseur, le petit dernier réalisé avec Alex Mamelli.
Si Bertrand se remet encore régulièrement en question, pas de doute, c’est dans la musique qu’il veut baigner, et non pas dans le chaos de ce monde.
« Il y a des cycles. La société valorise la réussite sous des critères très précis, et avoir un projet artistique, ça ne rentre pas dans ces critères-là. Tu dois aller à contre-courant, donc forcément, ça met des doutes. On a ce truc de “le travail, c’est faire quelque chose qu’on aime pas”. C’est aussi une croyance ancrée en moi, et j’essaie d’en sortir. »
Fleur sous bitume poursuit sa route en bossant sans compter pour créer de nouvelles maquettes, en tâchant d’ajouter un peu de légèreté dans ses recettes. En attendant, si vous avez envie d’écouter des chansons pleines d’émotions, des textes poétiques et soignés, vous allez être servis. Pas besoin d’être à fleur de pot pour avoir la chair de poule !
Si tu avais une baguette magique, qu’est-ce que tu changerais dans le monde ?
« Je changerais les humains. Un truc chez les humains. Au niveau de nos croyances, des dogmes… Il y a beaucoup de malheur qui naît de certitudes ! J’essaierai de rendre les gens moins intelligents, plus archaïques. Et j’enlèverai de la tête des gens qu’on est différents. »
Zalfa – Du son chaud comme la fraise
Et si, pour être heureux, il fallait simplement pouvoir pratiquer ce qui nous passionne sans se prendre la tête ? Se laisser aller à ses envies, essayer, créer, recommencer… et juste kiffer ? C’est la philosophie de Zalfa Fraise, artiste lyonnaise multi-facettes qui suit son instinct pour avancer dans la création, peu importe la cour de récréation. La danse l’a emmenée vers la musique, la musique vers les podcasts… il y a du débit, mais ce n’est que le début !
Du R&B pour savoir sur quel pied danser 🩰
Même si elle a toujours aimé la musique, Zalfa a fait ses premiers pas dans l’art avec la danse. Après une formation de 8 à 17 ans, c’est sur le terrain qu’elle continue à apprendre en se mettant au Hip Hop : elle fait des battles, fréquente des compagnies, fait de la créa… jusqu’à ce que la musique la rattrape.
« La chanson a toujours été là, quelque part, mais je ne le prenais pas vraiment au sérieux. Et puis, un jour, je me suis sentie limitée avec la danse. Même s’il y a un échange, une discussion, à la fin tu n’as pas forcément avancé dans tes réflexions dans la vie. Et ça, ça me manquait. Je me suis mise à écrire, à chanter… »
Zalfa se lance donc en autodidacte dans la musique, avec l’amour en première source d’inspiration. Influencée par des artistes comme Wallen et Jhené Aiko, leur écriture poétique et aérienne, leurs voix qui partagent des émotions sans chercher à tout prix à faire des tubes, elle enregistre des premiers sons et fait des collaborations.
Résultat : des lyrics introspectifs portés par une voix planante. Des textes et des sonorités qui se veulent au plus près de son ressenti, pour partager la réalité de ce qu’elle a dans le cœur. Un défi relevé avec son dernier son (entre autres), X.
Des podcasts qui parlent de la vraie vie 🎙
La chanson, c’est bien, mais… Zalfa a trop de choses à dire. Et toutes les thématiques ne collent pas à ce format. Elle choisit alors de lancer un podcast : « Le journal de Zali dans la vraie vie ». Un format relativement court, de 10-15 minutes, dans lequel elle partage ses réflexions sur des sujets divers (et d’été) : la solitude, les intentions, le bonheur…
Elle pioche régulièrement dans les centaines de notes de son téléphone, qu’elle gratte à tout moment. Dans le bus, chez elle, au cinéma… « Dès qu’il y a une idée qui vient, je l’écris. Parfois, c’est un robinet. J’écris, j’écris, j’écris. Parfois, c’est juste un début, que je vais laisser de côté. C’est à l’envie, au mood, au moment. »
Elle fait tout en solo, dans sa chambre, souvent la nuit. Sans faire écouter à qui que ce soit avant de publier. Parfois, ça découle de discussions qu’elle a eu. D’autres fois, ce sont des trucs qui lui trottent trop dans la tête. Elle en discute avec son journal, et ça sort tel quel. Entre la réflexion, les recherches, l’enregistrement, le montage… c’est un sacré taf, mais c’est surtout du kif.
« Il y a une période où je travaillais dans un taf conventionnel. Et je n’étais pas heureuse. J’étais frustrée de ne pas faire ce que je voulais côté création. Un jour, j’ai arrêté. Je suis sortie de ce cadre-là, et je me suis rendue compte que la libération que je ressentais pesait plus lourd dans la balance que la dite précarité de ne pas savoir où tu pouvais être demain. Je me sens mieux comme ça, et je suis grave confiante. Aide-toi, et le ciel t’aidera. »
Le lâcher prise, meilleure recette pour ne pas se prendre la tête 🤙
L’une des forces de Zalfa, c’est son lâcher-prise. Plus question de se prendre la tête. Ça peut paraître bateau, mais sa seule ambition, c’est de prendre du plaisir dans ce qu’elle fait, de suivre ses envies et d’être heureuse.
« J’aime créer dans l’absolu, et ça peut prendre plein de formes. Je me laisse guider par mes envies, par mes moods, par ce que je traverse dans la vie, par ce que je vois. Si je veux essayer un truc, j’essaye. Si j’aime bien, je continue. Si je n’aime pas, j’arrête et je fais autre chose. »
Dans ce game, elle a déjà gagné. Elle fait parfois des allers-retours à Paris, mais la question de s’y installer pour les opportunités était vite répondue. Lyon, c’est sa base. Et pas besoin d’aller ailleurs pour s’éclater.
« Mon but, ça n’a jamais été de percer. Percer, c’est un concours de circonstance. Si ça arrive, c’est cool, mais ce n’est pas pour ça que je fais ce que je fais. […] Pour moi, à partir du moment où on peut juste vivre sa passion, c’est percer. Juste avec le fait de pouvoir faire ce que j’aime, j’ai percé à mon échelle. »
Alors qu’elle a longtemps été ralentie par le perfectionnisme, marquée par des échecs, elle a laissé tout ça de côté pour avancer. Bien sûr, elle a toujours le goût du travail bien fait – il n’y a qu’à écouter, tout est quali –, mais ne cherche plus le truc parfait… qui n’existera jamais.
« Une amie danseuse et chorégraphe m’a dit un jour “il ne faut pas avoir peur du moche”. Ça m’a vraiment marqué. Quand on cherche trop un truc précis, on se coupe l’inspiration. Parfois, c’est dans les ratés qu’on trouve les meilleures idées. […] Avant, j’avais trop d’attentes de réussite. Beaucoup trop. Et je pouvais être déçue. Le lâcher-prise, c’est ma recette pour être moins déçue. »
À la vie, à l’amour 💞
Au cœur des créations de Zalfa, il y a les relations. Sans doute parce qu’elle-même, extravertie et loin d’être solitaire, en a besoin. C’est là qu’elle puise ses forces : « J’ai besoin du contact de l’autre pour me ressourcer, pour trouver l’inspiration, l’énergie. Mes batteries sont rechargées quand je suis avec l’autre. Je suis éteinte dans la solitude. Je m’allume dans le partage, dans le fait de discuter, de rigoler, de créer. Je m’allume dès qu’il y a quelqu’un d’autre dans l’équation. »
Zalfa aborde des sujets intimes, sans trop penser à ses auditeurs. C’est sans doute ce qui lui permet d’être aussi vraie, et de partager sa sensibilité sans tricher.
« Je pense que tout artiste a une sensibilité accrue. Parce que peu importe l’art qu’on pratique, pour pouvoir être attentif à ses émotions, s’en servir, il faut être sensible. Sinon, l’art n’est pas vrai. »
Alors elle continue à écrire en tâchant d’être au plus près de son ressenti, de poser ses réflexions sur papier pour en faire du contenu de qualité. Et si l’amour revient toujours, ou presque, c’est sans doute parce que dans nos vies, dans nos relations, dans nos réflexions, il n’est jamais très loin !
« Je trouve que l’amour, ou le désamour, c’est au centre de tout. Déjà, tout ce qui nous fait, tout ce qui nous construit, c’est basé sur des expériences d’amour ou de désamour. Les traumas qui nous font, même familiaux, ce sont des histoires d’amour. Il y a tellement de choses à dire, c‘est un puits inépuisable d’inspiration ! Je n’aurais jamais fini d’en parler. »
C’est pas faux. Et vu toutes les réflexions qui lui passent par la tête… elle en a encore sous la semelle de ses Air Force. À l’heure qu’il est, Zalfa est peut-être en train de cogiter, ou de gratter quelques lignes dans son journal. Elle prépare ses prochains épisodes et ses prochains sons… en réfléchissant peut-être aussi à ses prochaines réalisations !
Si tu avais une baguette machique, qu’est-ce que tu changerais dans le monde ?
« Je pense que je donnerais l’habilité à chaque bourreau d’être à la place de ses victimes. Et dans tous les sens du terme. Parce que je pense qu’il y a plein de trucs qui arrivent par manque de compassion. À grande échelle et à petite échelle. »
Sibylle – Une voix à suivre
La musique, tout le monde l’écoute… pendant que certaines personnes passent un temps fou à l’étudier et déchiffrer des partitions à répétition. Sibylle faisait partie de celles-ci. Tombée dans la marmite toute petite, elle a baigné dans le monde des conservatoires. Un monde très cadré, normé, scolaire. Quelques années plus tard, la musique est toujours aussi importante dans sa vie… mais d’une autre façon. Depuis 3 ans, elle écrit et chante ses chansons, en fuyant la pression pour trouver plus de liberté.
Grandir dans la musique sans fausse note 🎶
Née dans une famille de musiciens, Sibylle a commencé la musique tôt. Très tôt. À 4 ans déjà, elle étudie le violoncelle au conservatoire de Lyon. Autour de 6-7 ans, elle passe une audition pour entrer en classe aménagée (l’équivalent de Sport-étude) au conservatoire, et une autre pour la Maîtrise de l’Opéra. Les deux portes s’ouvrent à elle et elle finit par faire le choix, loin d’être simple, du conservatoire. Elle y reste jusqu’à ses 14 ans, profitant d’une éducation musicale riche mais aussi très écrite, scolaire.
C’est là que, poussée par le besoin de sortir de ce cadre, elle découvre d’autres cultures… et notamment le rap. Fascinée par des groupes comme NTM ou A Tribe Called Quest, elle y retrouve l’énergie qu’elle aime et des genres musicaux en pagaille. N’en déplaise à certains, de simples samples sont aussi de vraies mines d’or…
Les années passent, et la musique la suit toujours de près. À 18 ans, poussée vers un diplôme par ses parents, elle se lance en fac de musicologie. L’apprentissage continue, mais le cadre reste : dans cet environnement, laisser libre cours à sa créativité reste complexe.
« Je me souviens d’un cours sur les chansons. Dès que je pouvais faire mes trucs, j’essayais. Et je me faisais défoncer. Parce que ça ne correspondait pas à leur cadre. […] Mais je ne me disais pas que ce n’était pas pour moi. Je me disais “bon, il va falloir que je travaille plus pour aller dans leur cadre”. »
Elle finit sa licence à Paris, en faisant du Gospel puis en prenant des cours de Jazz. Après avoir fait les économies nécessaires, elle s’offre aussi un cours de chant Soul à l’ATLA, l’École des Musiques Actuelles de Paris. Vous l’aurez compris : la musique a toujours fait partie de sa vie. Elle l’a étudiée, sous de nombreuses formes… mais sans trop se trouver.
« Ça fait seulement 3-4 ans que je me suis dit qu’il fallait que j’arrête les institutions. Il faut que je trouve mon propre chemin. »
Partager sa musique ne se fait pas toujours en un clic 🎤
C’est autour de 16 ans que Sibylle commence à partager son art. À l’époque de Skyblog et de Myspace, qui permettent de mettre en ligne des sons sans trop s’exposer. Elle y partage surtout des chansons reprises à sa guise. Elle chante dès qu’elle peut, mais l’écriture reste au second plan.
« Je me suis toujours dit au fond de moi que j’avais envie, mais ça a été un long processus. À 14 ans, j’ai commencé à écrire, mais ça ne me venait pas à l’idée de le partager. Par contre, tous les moyens que j’avais pour chanter, je les saisissais ! Mais je ne chantais pas ce que j’avais écrit. »
De retour à Lyon après son passage à Paris, elle découvre une soif d’écrire. Elle s’invite aux cours d’écriture de À Thou Bout D’Chant, avec Noémie Brigant, et participe au Tremplin Découverte : une scène dédiée à la découverte de nouveaux talents. Seule avec ses chansons et sa guitare, elle va jusqu’en finale, obtenant même le prix du public.
Ce concert lui donne envie de continuer et de trouver son truc à elle. « J’aimerais bien construire ma propre manière de faire ma musique. Trouver des endroits insolites et y faire des concerts, par exemple… »
Sibylle continue à écrire et à créer occasionnellement, en multipliant les boulots – des cours de chant, des cours de piano, des jobs alimentaires –, en prenant des temps de pause et en publiant régulièrement des reprises ou des chansons.
La pression et les questions sur la partition 🤯
Si toutes ses années d’étude de la musique lui ont permis d’avoir de solides connaissances, elle lui ont aussi inculqué une rigueur forte. Peut-être trop. Car quand on a l’habitude d’avoir la pression, d’être obligée d’avoir d’excellentes notes (sans mauvais jeu de mot), de tout faire “parfait”, il peut être difficile ensuite de lâcher prise et de s’oublier pour simplement créer.
Publier sur les réseaux, même un court extrait, n’est pas toujours si simple que ça en a l’air. « C’est dur avec les réseaux. Un message écrit, ce n’est pas la vraie vie, c’est très succinct. Le ratio entre ce que ça me coûte de mettre sur les réseaux le bout d’un truc hyper intime, et ce qu’il y a en retour, ce n’est quand même pas facile ».
Quand Sibylle partage, c’est souvent par fulgurance. Ou alors il faut que ce soit soigneusement travaillé, à la limite de la perfection. Car même si elle a pris ses distances avec les institutions, la pression reste.
« Je me demande beaucoup pourquoi je me mets cette pression là, pourquoi je partage, et pourquoi je veux montrer tout ça. Parfois, je ne crée pas parce que je me mets déjà la pression du fait de devoir le montrer. […] Ouais, je suis hyper perfectionniste, mais je travaille dessus pour l’être un peu moins. Comment ? Je fais beaucoup de thérapies. Et ça m’aide beaucoup. […] Il faut accepter son rythme aussi. J’ai moyen de m’exprimer par plein de moyens, sans forcément le montrer, et quand je serai prête je le montrerai. »
Prendre le temps d’être libre 🪶
Aujourd’hui encore, Sibylle peut avoir un sentiment de culpabilité quand elle ne crée pas assez. Alors quand elle n’a pas la tête à la création, elle prend du temps pour elle, pour se promener, danser, s’inspirer et faire de nouvelles rencontres. Elle prend le temps de vivre, en fait. Tout en travaillant sur les réflexions qui peuvent l’empêcher d’avancer.
La danse lui permet de se défaire de nombreuses émotions, les thérapies l’aident à se comprendre, et l’écriture lui apporte un exutoire.
« Mes textes, c’est le seul endroit où je me livre complètement. C’est pour ça que ce n’est pas toujours facile de les montrer. C’est hyper intime. Les chansons, c’est le seul endroit où je vais chercher ce que je ressens vraiment. […] Ça m’aide et ça me permet de mettre de la distance avec les pensées. »
Quand elle fait de la musique, elle fait en sorte que ce soit le plaisir qui prenne le dessus. Pas questions de suivre des codes particuliers, des règles écrites noires sur blanc. Ça, c’était avant.
« J’essaie d’être le plus libre possible, que ce soit pas trop scolaire. Je déteste les structures de chansons. J’essaie de lâcher. J’ai appris la guitare toute seule, en m’interdisant de prendre des cours. J’essaie de trouver plus de liberté, d’identifier les moments où je me mets la pression, et ceux où j’arrive à ne pas me la mettre. »
En quête de liberté, Sibylle puise ses forces dans la solitude, les rencontres et la danse pour continuer à se découvrir et trouver ce qui la fait vibrer sans se laisser influencer. En créant seulement quand l’envie lui chante.
Il y a quelques semaines, elle faisait la première partie de Lwada sur la scène de À Thou Bout D’Chant. Un concert réussi en guitare voix, qui lui rappelle qu’elle en est capable et que les oreilles sont loin d’être insensibles à ses chansons. Sans doute en train de se ressourcer et de danser à l’heure qu’il est, vous pouvez tendre l’oreille en attendant qu’un prochain concert pointe le bout de son nez !
KLM – Plus d’une corde à son mic
Il y a de quoi être en colère face au monde et ses injustices. Certains artistes s’appuient sur leur art pour s’exprimer et se battre, à leur échelle. L’exutoire de KLM, c’est le rap. Depuis 2018, c’est au micro et avec ses rimes qu’elle partage ses doutes et qu’elle enflamme les scènes. On a pris le temps de discuter avec la rappeuse lyonnaise, qui prépare la sortie de son prochain projet.
Le rap coule comme le son dans les veines 🩸
C’est autour de 8 ans que KLM a découvert le rap, avec Skyrock puis les albums des grands NTM ou IAM, entre autres. Elle était du genre à collectionner les CD, à connaître les numéros des tracks et les paroles par cœur. Assez vite, elle se met à gratter le papier et à laisser les rimes primer pour s’exprimer.
Vers 16 ans, elle commence à rapper. Et quelques années plus tard, vers 20 ans, elle se retrouve à sillonner Lyon, à se frotter aux open mics… et elle participe à la création des Artisans des Bonnes Ondes : un crew de 6 rappeurs qui lui permet d’être bien entourée, de profiter de l’énergie et de la force d’un collectif pour avancer.
Sauf que se lancer dans le rap, même en ayant les crocs, c’est pas simple. Alors KLM mène une double vie et travaille en tant qu’éducatrice spécialisée, même si c’est le rap qui rythme sa vie : « Je rentrais chez moi, j’écrivais, je faisais des ghetto blasters sur les quais… ». Jusqu’à ce que ses potes lui offrent une séance studio, qui donnera lieu à l’enregistrement de son premier EP, Ici Bas.
La double vie continue, jusqu’à ce qu’elle finisse par se rendre à l’évidence : elle a besoin de temps pour avancer dans ce qui lui plait vraiment. Oui, toujours le rap.
« Au fur et à mesure des rencontres, je progressais […]. Au bout d’un moment, la frustration de revenir à éduc, c’était trop. La double vie… Pour moi c’était pas supportable d’être sur deux fronts, la fatigue… […] Éduc, c’est un métier assez usant psychiquement, et la musique, ça te demande d’être dispo mentalement. »
Grâce à sa persévérance et à sa passion qui la mènent aux bonnes rencontres, KLM devient intermittente et l’artiste qu’elle est aujourd’hui. C’est-à-dire ?
Une artiste qui prend le micro avec les crocs 🐺
Rappeuse, mais aussi manageuse, community manageuse, logisticienne… Même si elle est bien entourée, et qu’elle bosse avec plein de gens de son réseau, KLM gère tout et reste la première gestionnaire de sa carrière. Pas forcément évident quand ton but premier, c’est de créer et de rapper !
La remise en question est quotidienne : « Donc oui, il y des moments ou tu te poses beaucoup de questions, où tu te demandes pourquoi tu t’infliges ça ! Mais dès que tu prends un micro, que tu montes sur scène… […] C’est ça qui me fait vibrer, c’est ça qui me tient en vie ! »
Elle n’est pas là pour percer, mais pour vivre de sa musique et la partager. En faisant des concerts, à Lyon, aux alentours, et plus loin en France. Ce qui l’a emmenée au Demi Festival, à Sète, l’an dernier. À côté, elle mène des actions sociales et anime des ateliers d’écriture, auprès de MJC et de structures spécialisées.
Son prochain projet, en cours de finalisation, verra le jour en septembre 2024. Au menu : un premier volume, qui sera suivi d’un second. Un projet sur lequel elle bosse depuis un moment, et avec lequel elle a essayé de sortir de sa zone de confort : « J’expérimente plus la musicalité, le chant, et puis d’autres types d’instrus. Histoire de faire écouter d’autres sonorités ! »
Au-delà de la sonorité, pas de doute, il y aura une plume soignée, efficace, engagée. Oui, parce que KLM a un stylo aiguisé – Comme une lame… et pointu comme un couteau. Elle utilise ses textes pour crier et porter des sujets qui lui tiennent à cœur. Au centre de ses engagements : l’injustice sous toutes ses formes.
Que justice soit fête ✊
Bien sûr, elle est consciente que ce n’est pas ses textes et sa musique qui vont changer le monde. Mais si elle peut planter des graines et faire sa part en espérant voir pousser des arbres ou des fleurs, elle tient à le faire.
« Je pense que la musique, c’est aussi un moyen de lutter. Je suis particulièrement animée par ce qui concerne la justice : sociale, raciale, financière, mondiale… Je trouve qu’on vit quand même dans un monde où les écarts sont de plus en plus grands. Il est nécessaire de se rassembler et de fédérer pour contrer ça. »
Et oui, le rap et ses valeurs sont aussi là pour dénoncer, rassembler, et porter des combats. Des combats importants à l’heure où l’on est noyés sous les informations, sous la violence, et où la colère a de quoi monter.
« Le fascisme, le racisme, le manque d’empathie des gens et de la société, et des personnes qui nous dirigent… On marche sur la tête, on n’est pas du tout dans l’idée de prendre soin ! […] Et il y a aussi les violences policières qui rendent complètement ouf, et cette impunité. Cette violence permanente en fait. Tout est violent. Avec les réseaux, on a beaucoup plus accès à l’information, et la violence, les viols à gogo, etc. Ça rend fou en fait. »
La musique est un bon moyen d’éviter de sombrer et de partager son incompréhension, histoire de se sentir un peu moins fou face à cette haine grandissante. Au-delà des malaises de notre société, c’est contre ses démons en tant qu’humaine que KLM se bat régulièrement. La dépression, la tristesse, la santé mentale, la colère, les addictions… Derrière, la volonté de les transformer en énergie plus positive. Parce qu’il n’y a pas que du noir !
« Tu trouves le monde cruel ? Admire donc sa beauté ! » 🌸
« Mais oui, moi aussi, hypersensible… le monde qui s’écroule autour de toi, si tu focus que sur ça, ben tu te dis à quoi bon vivre, à quoi bon rester sur cette terre. Sauf que non, il y a aussi plein de belles choses, plein de choses qui bougent […] Il faut aussi voir le positif. Tu trouves le monde cruel ? Admire donc sa beauté ! »
Le rap est là pour dénoncer, provoquer, mais aussi ensoleiller et ramener des bonnes ondes. Parce qu’il y a quand même énormément de solidarité, plein d’assos qui luttent, de belles dynamiques qui se créent, et qu’il y a de quoi avoir de l’espoir et faire la fête.
D’ailleurs, mieux vaut ne pas rester enfermer sur les réseaux. C’est valable pour éviter de trouver le monde cruel, mais aussi pour se lancer dans le rap : « sortez le rap de votre chambre ! Allez vous confronter à d’autres personnes, entourez-vous ». Car oui, derrière les posts sponsorisés, il y a des gens qui sortent, qui rappent, et qui kiffent leur vie. Pas toujours besoin de “percer” pour cela…
« Il faut faire, et se faire plaisir. Tu peux que progresser, toujours. Dis-toi qu’il n’y a rien d’acquis. On range l’égo, et on kiffe ! »
Le meilleur moyen de savoir si KLM peut vous toucher avec ses sons… C’est de l’écouter. Voire de la voir sur scène, parce que c’est de là qu’elle vient, et c’est là qu’elle s’éclate le plus. Elle n’est pas là pour mettre tout le monde d’accord, mais un truc est sûr : elle prend le rap à bras le corps !